Janus

Quand ce cerveau se déchirera encore et que les tremblements et les spasmes ressurgiront, quand ils envahiront mon corps et mon cou, quand ils viendront me rappeler que je suis de la boue et que ma chair putréfiée ira à nouveau nourrir la vigne pour que le cycle recommence, quand les vers recommenceront à entrer et sortir par des portes invisibles qui parsèment ma peau, quand mes yeux se brouilleront et que la nuit emplira à nouveau l’espace qui me contient, quand mes terminaisons nerveuses m’écartèleront encore sur le chevalet de torture que me destine la nature et que la douleur insoutenable me rendra encore fou au point de ne plus reconnaître ni amis ni ennemis, reviens, seigneur. Prends alors ma main comme on se saisit d’un animal perdu, d’un poisson hors de l’eau. Et aide-moi à traverser les dernières nuits au son de ta voix d’homme.

Jean-Sébastien Desnanot


Picture by Dagmar Hollmann
Die Liebenden von Valdaro

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